19 juin 2026

Les familles Dagenais – De La Rochelle à Châteauguay

Les familles Dagenais - De La Rochelle à Châteauguay

 1. Pierre Dagenais dit Lépine, le Rochelais orphelin devenu Montréalais

C’est le point de départ de presque tous les Dagenais d’Amérique. Il n’est pas « d’Agen » comme on l’a longtemps cru, mais né le 17 septembre 1634 à La Rochelle, paroisse Saint-Sauveur, fils d’Arnaud Dagenais et d’Andrée Poulet. Baptisé le même jour, parrain Pierre Couvarge, sergent royal.  

Il n’arrive pas avec la Grande Recrue de 1653. Sa première trace ici, c’est un acte du notaire Jean de Saint-Père, à Montréal, le 5 août 1657 : il a 23 ans et signe comme témoin. Deux ans plus tard, il est milicien de la 10e escouade de Maisonneuve, enrôlé le 1er février 1663, et il défriche avec d’autres sur le domaine seigneurial.  

Sujet de recherche : était-il huguenot caché? La Rochelle sort du siège de 1627-28, son père Arnaud est commissaire de la ville. Creuser les registres protestants de Saint-Sauveur et les contrats de la Compagnie des Cent-Associés pourrait expliquer pourquoi il part sans contrat d’engagement connu.

2. Pourquoi « dit Lépine » et pourquoi tant d’orthographes ?

Les notaires écrivent Dagenez, Dagenest, Dagenai, D’Agenais. Lui signe « Dageney » avec une belle paraphe fleurie. Le surnom Lépine viendrait des épingles du tailleur, métier qu’il exerce officiellement au recensement de 1681.  

3. Le moulin perdu et la vie d’entrepreneur

En 1668, un jugement cite un moulin à eau sur le Saint-Laurent appartenant à « Pierre Dagenets » et Olivier Charbonneau. On ne l’a jamais localisé précisément, peut-être près de l’actuel tunnel Lafontaine ou du pont Jacques-Cartier.  

Autre indice : en 1664 à Québec, il récupère 126 livres dues à son frère Simon, marchand à La Rochelle. Marchand, fermier, tailleur, meunier — Pierre change quatre fois de métier en dix ans.  

« Sujet : reconstituer son réseau marchand rochelais-montréalais. Les minutes des notaires Duquet (Québec) et Basset (Montréal) sont numérisées aux archives. »

 4. La branche de Châteauguay — la cour arrière

Après la Conquête, les descendants quittent l’île de Montréal vers la rive sud. On trouve par exemple Louis Dagenais né le 6 mai 1841 à Sainte-Martine-de-Châteauguay, mort à Burke, New York en 1929, et un autre Louis né en 1811 au même endroit.  

Châteauguay, c’est aussi la Guerre de 1812, les Patriotes de 1837-38, et l’ouverture des terres. Beaucoup de Dagenais deviennent cultivateurs à Saint-Isidore, Sainte-Martine, puis partent vers la Nouvelle-Angleterre pour les filatures.

Comme tu vis à côté de Kahnawàke, c’est un angle fascinant et délicat. Il y a eu des mariages entre Canadiens et Mohawks au 18e siècle, surtout autour de Sault-Saint-Louis. Vérifier les registres de la mission jésuite, les recensements de Kahnawake (1825, 1871), et les actes de mariage mixtes pourrait infirmer ou confirmer la tradition orale.

6. Les femmes qui portent l’histoire

Anne Marguerite Brandon n’est pas une « fille à marier » anonyme. Née le 28 août 1634 à Sedan (Ardennes), orpheline, arrivée sur le Saint-Jean-Baptiste en 1665, elle signe de sa main un contrat de vente en 1667 — écriture « digne d’une institutrice » selon le notaire.  

Elle meurt jeune, Pierre aussi en 1689. Leur fille Françoise, Cécile, Élisabeth continuent la lignée. Suivre les dots, les inventaires après décès, te donne la vie quotidienne, pas seulement les dates.

📸 Source : image générée par IA 

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