La bataille de Trois-Rivières est un affrontement militaire majeur de la guerre d'indépendance des États-Unis, s'étant déroulé le 8 juin 1776 à Trois-Rivières, dans la province de Québec. Elle constitue la dernière grande bataille terrestre de l'invasion du Québec par les forces continentales américaines.
Tentant de freiner la contre-offensive britannique menée par le gouverneur Guy Carleton, l'armée continentale lance une attaque surprise qui se solde par un échec désastreux. Cette défaite décisive marque la fin définitive des ambitions américaines d'intégrer le Canada comme quatorzième colonie de l'insurrection.
Contexte historique
Après l'échec critique de l'assaut américain sur la ville de Québec le 31 décembre 1775 et la mort du général Richard Montgomery, l'armée continentale maintient un siège précaire à l'extérieur des fortifications durant tout l'hiver.
Au printemps 1776, la situation stratégique bascule radicalement. Le 6 mai, une flotte d'avant-garde britannique pénètre dans le port de Québec, débarquant des renforts massifs sous le commandement du général John Burgoyne. Face à cette supériorité numérique immédiate, les troupes américaines, décimées par la variole et le manque de ravitaillement, lèvent le siège à la hâte. Elles entament une retraite désordonnée le long du fleuve Saint-Laurent en direction de Sorel.
Prélude et stratégie
Nommé à la tête des forces américaines de la région, le général John Sullivan refuse d'ordonner une retraite totale vers New York sans tenter une contre-attaque. Posté à Sorel, il apprend qu'un détachement britannique d'environ 800 hommes a établi un avant-poste à Trois-Rivières, à mi-chemin entre Québec et Montréal.
Croyant pouvoir surprendre et isoler cette garnison avant l'arrivée du gros des forces britanniques, Sullivan ordonne une offensive nocturne. Il confie le commandement opérationnel au brigadier-général William Thompson, qui dirige un corps expéditionnaire de près de 1 800 hommes, composé majoritairement de régiments de Pennsylvanie, du New Jersey et de New York.
Déroulement de la bataille
Le débarquement et la ruse de Gautier
Dans la nuit du 7 au 8 juin 1776, les troupes américaines traversent le lac Saint-Pierre en bateaux plats et débarquent à la Pointe-du-Lac, à environ une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Trois-Rivières. Afin de guider ses hommes à travers la forêt dense dans l'obscurité, le général Thompson réquisitionne un fermier local, Antoine Gautier.
Fidèle à la Couronne britannique et désireux de protéger sa communauté, Gautier met en œuvre une ruse tactique. Il égare volontairement la colonne américaine en la dirigeant au cœur d'un vaste marécage impraticable, connu sous le nom de « savane ». Pendant que les soldats s'embourbent et s'épuisent à bout de forces, l'épouse de Gautier traverse les lignes pour donner l'alerte à la milice canadienne locale.
L'affrontement et l'embuscade
Ce retard de plusieurs heures ruine totalement l'effet de surprise recherché par les Américains. Lorsqu'ils débouchent enfin du marécage au lever du jour, exténués et couverts de boue, ils découvrent que la garnison britannique n'est pas isolée, mais qu'elle a été massivement renforcée par les troupes du général Simon Fraser. Près de 6 000 soldats réguliers britanniques et miliciens canadiens les attendent de pied ferme.
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| La rue Sainte-Marguerite vue de l'intersection de la côte Plouffe. Il s'agit de la localisation la plus probable du site de la bataille. |
La déroute américaine
La retraite se transforme rapidement en débandade à travers les bois et les marécages. Le général Guy Carleton, arrivé sur les lieux en cours de combat, ordonne de bloquer les voies de repli vers les bateaux. Totalement encerclé et coupé du reste de ses hommes, le brigadier-général Thompson est capturé au milieu des bois en compagnie de plusieurs de ses officiers.
Bilan et pertes
La bataille se solde par un bilan humain lourd et disproportionné :
- Forces américaines : Environ 50 hommes sont tués au combat. Le nombre de prisonniers s'élève à 236 soldats et officiers, dont le commandant en chef William Thompson. Les blessés se comptent par centaines.
- Forces britanniques et canadiennes : Les pertes sont minimes, s'élevant à seulement 8 morts et 9 blessés au sein des troupes régulières et de la milice.
Conséquences stratégiques
La défaite de Trois-Rivières brise définitivement la capacité offensive de l'armée continentale au Canada. Réalisant l'impossibilité de tenir le territoire face à la flotte et aux troupes régulières britanniques, le général Sullivan ordonne l'évacuation immédiate de Sorel, de Montréal et de Fort Saint-Jean.
Les forces américaines se replient vers le sud par le lac Champlain, abandonnant la province de Québec. Cet échec met un terme définitif à la campagne canadienne de la Révolution américaine. Le gouverneur Carleton choisit de ne pas poursuivre agressivement les fuyards, permettant aux débris de l'armée américaine de se réorganiser à Fort Ticonderoga pour la suite de la guerre.
Postérité et mémoire
La défaite de Trois-Rivières brise définitivement la capacité offensive de l'armée continentale au Canada. Réalisant l'impossibilité de tenir le territoire face à la flotte et aux troupes régulières britanniques, le général Sullivan ordonne l'évacuation immédiate de Sorel, de Montréal et de Fort Saint-Jean.
Les forces américaines se replient vers le sud par le lac Champlain, abandonnant la province de Québec. Cet échec met un terme définitif à la campagne canadienne de la Révolution américaine. Le gouverneur Carleton choisit de ne pas poursuivre agressivement les fuyards, permettant aux débris de l'armée américaine de se réorganiser à Fort Ticonderoga pour la suite de la guerre.
Postérité et mémoire
- Les Ursulines de Trois-Rivières : Les nombreux blessés américains capturés furent transportés au monastère des Ursulines de Trois-Rivières, où les religieuses leur prodiguèrent des soins médicaux intensifs. En reconnaissance de cet acte humanitaire historique, le consul général des États-Unis s'est rendu sur place en 2009 pour rembourser symboliquement la dette contractée pour ces soins en 1776.
- Reconnaissance patrimoniale : Le site des affrontements a été officiellement désigné comme le
Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-Trois-Rivières. Un monument commémoratif y rappelle le sacrifice des combattants et l'importance de l'événement dans l'histoire nord-américaine.







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