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29 mai 2026

La Coulée Grou (1690)

La Coulée Grou (1690)
La Coulée Grou de 1690 / Crédit : ©️ Jean Gagnon (8 juillet 2014)

La Coulée Grou est un lieu de Montréal situé dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles où survint une bataille durant les guerres franco-irquoises. Le nom fait référence à Jean Grou un pionnier de la Nouvelle-France et ancêtre de l'historien Lionel Groulx qui a contribué à faire connaître cette histoire.

La Coulée Grou est également un ancien secteur de la Nouvelle-France situé dans l’est de l’île de Montréal, près de la rivière des Prairies et des premières terres de Ville-Marie. Au XVIIe siècle, cette région fait partie des zones ouvertes à la colonisation française afin d’assurer le développement agricole, le commerce et la défense du territoire.

Le nom « Grou » est associé à la famille Grou, une famille de pionniers établie dans la région de Montréal dès les débuts de la colonie. Comme plusieurs familles venues de France, les Grou participent au défrichement des terres, à la construction des chemins ruraux et à l’organisation des premières communautés agricoles de l’île. Le terme « coulée » désigne généralement un petit cours d’eau, un ravin ou un passage naturel traversant le territoire.

Contexte historique

En 1653, Ville-Marie connaît une période importante de développement. Cette année-là, un groupe de colons et de soldats arrive en Nouvelle-France pour renforcer la jeune colonie française, qui subit alors de fréquentes attaques iroquoises. Les terres situées autour de Ville-Marie sont progressivement concédées à des colons afin de créer des fermes capables de nourrir la population et de soutenir l’expansion du territoire.

Les terres de la Coulée Grou sont principalement utilisées pour l’agriculture. Les colons y cultivent le blé, les pois, l’avoine et élèvent des animaux de ferme. Les premiers habitants doivent cependant composer avec des conditions difficiles : hivers rigoureux, isolement, manque d’outils et menace constante des conflits entre Français et nations iroquoises.

Développement du territoire

Comme ailleurs en Nouvelle-France, les terres sont divisées selon le système seigneurial. Les colons reçoivent des concessions étroites et longues afin de permettre un accès à l’eau et aux voies de circulation. Les familles pionnières construisent des maisons de bois, des granges et des clôtures tout en défrichant progressivement la forêt.

La région de la Coulée Grou devient un lieu fréquenté par plusieurs familles établies autour de Montréal. Les échanges entre voisins, les mariages et les alliances familiales contribuent à la formation d’un réseau social important dans la colonie. Des familles comme les Grou, Gadois, Dagenais, Roy, Brandon et plusieurs autres participent au développement des terres de la région et aux activités de la milice locale.

Les miliciens de Ville-Marie jouent un rôle essentiel dans la défense des habitations et des routes rurales. Plusieurs habitants de la région sont enrôlés dans les escouades de la milice montréalaise afin de protéger les fermes et les colons contre les attaques.

Héritage

Au cours des siècles suivants, le territoire de la Coulée Grou est intégré au développement des paroisses et municipalités de l’est de Montréal. Bien que le paysage ait changé avec l’urbanisation, le nom demeure associé à l’histoire des premières familles pionnières de la Nouvelle-France.

La Coulée Grou représente aujourd’hui un témoignage du peuplement ancien de l’île de Montréal et rappelle les efforts des premiers colons français ayant participé à l’établissement durable de la colonie au XVIIe siècle.

Nouvelle-France

« Sans perdre une minute, Colombet et les autres se portent sur le bord de la grève et tirent les premiers coups. Quatre canots ennemis chavirent dans le courant. Surpris, les Iroquois poussent vers la rive et mettent pied à terre. Alors un combat furieux s'engage, corps à corps, sous le bois, le long de la coulée. Colombet essaie, mais en vain, de rallier ses hommes vers le fort. Les Français se battent en héros. Trente ennemis sont abattus; le reste prend la fuite. Les nôtres perdent quinze hommes dont cinq prisonniers, parmi lesquels Jean Grou. Le soir même, par peur des Iroquois, disent les vieux registres de la Pointe-aux-Trembles, l'on enterra sur place, près de la coulée de Jean Grou, les corps des Français tués. Quelques jours plus tard, en présence du Père Millet, Jean Grou et quatre de ses compagnons étaient brûlés chez les Onneyouts. »

— Lionel Groulx, 1920, Notre maître, le passé, 1924, pp. 71-76

Extrait du registre de Pointe-aux-Trembles de 1694 où l'on fait mention de l'inhumation des hommes au cimetière. On avait d'abord enterré les morts au lieu de la bataille.

Morts sur le champ

  • De Colombet, commandant
  • Jean Jallot, chirurgien
  • Guillaume Richard dit Lafleur, capitaine de la milice de la Pointe-aux-Trembles
  • Joseph Cartier dit Larose
  • Jean Beaudoin, fils
  • Pierre Masta
  • Jean Delpué dit Parizot
  • Nicolas Joly
  • Un engagé du Grand Beauchamp
  • Isaac, soldat

Faits prisonniers et brûlés

  • Joseph de Montenon, sieur de la Rue
  • Jean Raynault dit Planchard
  • Jean Grou
  • Paschange (Bertrand de Rennes)
  • Le Bohême (Gaspard Dargan)

Fait prisonnier puis relâché

  • Pierre Payet dit Saint-Amour

Blessé

  • Antoine Chaudillon, chirurgien

Lieu historique du Canada



La bataille de la Coulée Grou En 1690
Plaque 2014

L'endroit fut désigné lieu historique national du Canada en 1924. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada installa un monument près de la Coulée Grou commémorant la bataille entre Français et Iroquois. Le lieu est désigné sous deux appellations : Bataille de la Rivière des Prairies / Combat de Coulée Grou. Le monument est situé près de la Coulée Grou et les inscriptions sur la plaque sont en français et en anglais.

Une première plaque disait : 

« Le 2 juillet 1690, le Sieur de Colombet, ancien lieutenant de l’armée française, est alerté de la présence d’un groupe d’Iroquois naviguant en canot sur la rivière des Prairies, le poussant à réunir 25 colons afin d’enquêter. Ils se rendent sur la propriété de Jean Grou, près du ruisseau qui porte son nom, et tirent sur les canots des Iroquois, en tuant quatre. Les Iroquois, au nombre d’une centaine environ, mettent pied à terre et engagent le combat avec les Français. Au terme de la bataille, 15 Français et 30 Iroquois sont tués ou fait prisonniers. »

Volée sans doute pour la valeur du métal, la plaque a été remplacée par une nouvelle qui dit : 

« Au mois de juillet 1690, pendant les guerres franco-iroquoises, le sieur de Colombet, ancien lieutenant français, apprit qu'une centaine d'Iroquois descendaient la rivière des Prairies en direction de Montréal. Il mena 25 hommes à la coulée Grou afin de tendre une embuscade aux Iroquois, qui approchaient dans leurs canots. Au cours de l'escarmouche, une trentaine de guerriers iroquois furent tués. De Colombet et huit de ses hommes périrent, et six autres furent faits prisonniers. Les survivants français battirent en retraite vers un fort des environs. »

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Coul%C3%A9e_Grou?wprov=sfla1

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