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Chapelle Hôtel-Dieu (Immaculée-Conception) de Montréal

Pierre Dagenais fréquenta Anne Brandon, l'aima et la conduisit au pied de l'autel de la chapelle de l'Hôtel-Dieu à Montréal pour la bénédiction nuptiale, mardi le 17 novembre 1665.

Chapelle Ste-Marguerite (Salle de l'Oratoire) - La Rochelle, France

C'est à cette chapelle que mon ancêtre Pierre Dagenais dit Lépine a été baptisé. C'était le dimanche 17 septembre 1634, à St-Sauveur de La Rochelle (Charente-Maritime), France.

Maison de François Dagenais fils (1774)

En 1774, le cultivateur François Dagenais fils reçoit de ses parents, François Dagenais et Marguerite Turcot, la terre agricole familiale, une maison en bois et d’autres bâtiments. Elle est située au 5555, rue Jarry Est, St-Léonard, Montréal.

Anne Marguerite Brandon, une Fille du Roy (1634-1689)

Anne Marguerite Brandon, une jeune femme âgée de 31 ans et fille du Roy, est débarquée à Québec pour la première fois le 18 juin 1665 avec 30 engagés, 90 autres jeunes femmes et filles du Roy.

28 mai 2026

Le navire Saint-Jean-Baptiste

 LE NAVIRE SAINT-JEAN-BAPTISTE ⚜️

Coupe transversale du Saint-Jean-Baptiste
Le navire Saint-Jean-Baptiste 

Le Saint-Jean-Baptiste de Dieppe était un galion de 300 tonneaux de la Compagnie des Indes. Affrété à plusieurs reprises entre 1665 et 1671, il a joué un rôle historique majeur dans le peuplement de la Nouvelle-France en transportant des centaines de colons, des engagés et des Filles du Roy. 

Les principales caractéristiques et expéditions de ce navire sont détaillées ci-dessous. 

Caractéristiques techniques et armement

  • Type de navire : Galion / Vaisseau de charge
  • Capacité : 300 tonneaux
  • Dimensions (estimées) : environ 24,69 mètres (75 pieds) de longueur, 8,88 mètres de largeur et 3,41 mètres de creux
  • Armement : doté de 2 ponts et 2 gaillards, il pouvait être armé de 10 canons, 20 fusils, 12 pistolets et 20 coutelas selon les besoins de la traversée. 

[Source : Mémoires de la N-F par Sanspareil du Régiment de la Sarre]

📜 Les traversées historiques majeures vers le Canada

Le navire a effectué de nombreux voyages transatlantiques mémorables : 

  • 1665 : Le navire arrive à Québec le 18 juin (ou le 2 octobre selon les sources) sous le commandement du capitaine Pierre Fillye, avec environ 90 Filles du Roi (dont Anne Marguerite Brandon), 30 engagés et des hommes de travail.
  • 1666 : Parti de La Rochelle le 13 mai, il arrive à Québec le 11 août après une escale à Gaspé. Il transporte à son bord plus d'une centaine de personnes, dont Jean Chauvet.
  • 1669 : Sous le commandement du capitaine Pierre Phillye, il quitte Dieppe fin avril et arrive à Québec le 30 juin, transportant 149 Filles du Roi sous la gouverne de Madame Bourdon.
  • 1671 : Sous le commandement du capitaine Pierre Guilbaud, il appareille de Dieppe fin juin avec à son bord une centaine d'hommes, plus de 100 Filles du Roi (notamment Catherine Ducharme), des animaux (mules et béliers) ainsi que du matériel agricole et de construction. 

Pour explorer plus en détail l'histoire de la Nouvelle-France et la liste des passagers qui ont voyagé sur ces différents navires, vous pouvez consulter les projets de généalogie répertoriés sur Geni.com ou les documents d'archives de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Grande Bibliothèque BAnQ numérique.

📸 Crédit : ©️ image générée par IA (ChatGPT)

🔗 Les familles Dagenais en Amérique 👥️

🔗 Les Filles du Roy 1663-1673 

🔗 Fille du Roi Descendants (Official)(Officiel)

Groupe Facebook « Les familles Dagenais en Amérique »


Le groupe Facebook Les familles Dagenais en Amérique 

SIGNIFICATION DU NOUVEAU LOGO 🏠


📜 Symbole identitaire et mémoriel

Ce visuel constitue un emblème contemporain inspiré des traditions culturelles et historiques liées aux familles issues de la Nouvelle-France. Il exprime la continuité d’une lignée, son enracinement sur le territoire et la transmission de sa mémoire à travers les générations. 

⚜️ Origine et filiation 

La fleur de lys, placée au sommet de la composition, renvoie à l’héritage français des premiers colons. Elle symbolise l’identité culturelle, la mémoire collective et l’appartenance à une lignée issue de la France.

Migration et établissement 

Le navire évoque la traversée de l’Atlantique par les ancêtres venus s’établir en Amérique. Il incarne le passage vers une nouvelle vie et le début de l’histoire des Dagenais sur ce continent. 

🏡 Habitation et enracinement — La maison de François Dagenais fils (1774)

La maison représentée s’inspire directement de la résidence construite au XVIIIe siècle par François Dagenais fils, sur la Côte Saint-Michel, aujourd’hui intégrée à la Ville de Montréal

Érigée en pierre vers 1770, cette demeure constitue l’un des rares témoins de l’architecture rurale d’inspiration française encore conservés sur l’île de Montréal. Elle incarne l’établissement durable de la famille, le travail de la terre et la transmission du patrimoine sur plusieurs générations. 

🔵 Traitement visuel 

La dominante bleue confère à l’ensemble une dimension à la fois institutionnelle et mémorielle, évoquant la stabilité, la profondeur historique et la continuité. 

✒️ Composition typographique 

Le nom DAGENAIS, traité en capitales, affirme la permanence de la lignée. Sa typographie classique s’inspire des inscriptions anciennes et des archives historiques. 

🧬 Fonction et portée 

Les éléments complémentaires du visuel traduisent les axes fondamentaux de la démarche : 

• la recherche généalogique
• la préservation de l’histoire familiale
• la valorisation de l’héritage
• le rassemblement des descendants 

📜 Inscription 
« Unir nos racines, transmettre notre histoire » 
Cette devise exprime la volonté de relier les générations passées, présentes et futures 
dans une continuité mémorielle. 

🏁 Notice 

Ce symbole s’inscrit dans une démarche de mise en valeur du patrimoine immatériel et bâti lié aux familles pionnières du Québec. Par la présence de la maison de François Dagenais, il ancre visuellement cette mémoire dans un lieu réel, témoin de plus de deux siècles d’histoire.

26 mai 2026

La bataille de Québec de 1690

La bataille de Québec en 1690
La bataille de Québec en 1690

La bataille de Québec de 1690 constitue l’un des épisodes militaires les plus importants de l’histoire de la Nouvelle-France. Elle opposa les forces françaises et canadiennes de la colonie aux troupes anglaises de la Nouvelle-Angleterre commandées par Sir William Phips, dans le contexte des conflits coloniaux entre les royaumes de France et d’Angleterre en Amérique du Nord.

Contexte historique

À la fin du XVIIe siècle, les tensions entre les puissances européennes s’intensifient autant en Europe qu’en Amérique. Le déclenchement de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, connue dans les colonies anglaises sous le nom de King William’s War, entraîne une série d’affrontements entre la Nouvelle-France et les colonies anglaises de la côte atlantique.

En 1690, après plusieurs attaques françaises et alliées contre des établissements anglais situés en Nouvelle-Angleterre, les autorités de Boston organisent une expédition militaire afin de prendre Québec, capitale de la Nouvelle-France. L’objectif est de mettre fin à l’influence française sur le fleuve Saint-Laurent et de s’emparer du centre administratif et militaire de la colonie.

La flotte anglaise, placée sous le commandement de Sir William Phips, quitte Boston à l’automne 1690 avec plusieurs navires transportant soldats, marins et miliciens coloniaux. L’expédition remonte le fleuve Saint-Laurent et atteint Québec au mois d’octobre.

Préparatifs de la défense

À Québec, le gouverneur général Louis de Buade de Frontenac organise rapidement la défense de la ville. Malgré des ressources limitées, les autorités françaises mobilisent les troupes régulières, les milices canadiennes ainsi que plusieurs alliés autochtones.

Les habitants des paroisses environnantes sont appelés à participer à la défense de la colonie. Des miliciens arrivent de Montréal, de Trois-Rivières et des seigneuries voisines afin de renforcer les positions françaises. Les fortifications de Québec, bien que modestes comparativement aux grandes villes européennes, offrent néanmoins une position défensive avantageuse grâce aux falaises dominant le fleuve.

Frontenac adopte une attitude résolue face à l’arrivée de la flotte anglaise. Selon la tradition historique, lorsqu’un officier anglais vient exiger la capitulation de Québec au nom de Sir William Phips, le gouverneur français répond qu’il ne transmettra sa réponse « que par la bouche de ses canons ».

Le déroulement de la bataille

Le 16 octobre 1690, les forces anglaises commencent leurs opérations contre Québec. Les navires de Phips bombardent la ville depuis le fleuve tandis que des troupes débarquent dans les environs afin d’attaquer les positions françaises par voie terrestre.

Cependant, les défenseurs de la Nouvelle-France résistent efficacement. Les miliciens canadiens, habitués au territoire et aux techniques de combat locales, harcèlent les troupes anglaises débarquées près de Beauport. Les batteries françaises installées sur les hauteurs de Québec causent également des dommages importants aux navires ennemis.

Les conditions climatiques difficiles, le manque de coordination entre les forces terrestres et navales anglaises, ainsi que les problèmes d’approvisionnement compliquent rapidement l’expédition de Phips. Après plusieurs jours de combats et de bombardements infructueux, les Anglais constatent qu’ils ne parviennent pas à percer les défenses de la ville.

Face aux pertes subies et à l’approche de l’hiver, Sir William Phips ordonne finalement la retraite. La flotte anglaise quitte Québec sans avoir réussi à conquérir la colonie.

Conséquences

La victoire française lors de la bataille de Québec de 1690 représente un important succès militaire et symbolique pour la Nouvelle-France. Elle renforce le prestige du gouverneur Frontenac et contribue à consolider le sentiment d’appartenance des colons canadiens envers leur colonie.

Cet épisode démontre également l’importance des milices canadiennes dans la défense du territoire. Plusieurs familles pionnières de la Nouvelle-France participent indirectement ou directement à l’effort de guerre, que ce soit par le service militaire, le transport des vivres ou le soutien aux autorités locales.

Malgré cette victoire, les rivalités entre Français et Anglais se poursuivent pendant plusieurs décennies en Amérique du Nord. Les conflits coloniaux finiront par mener, au XVIIIe siècle, à la conquête britannique de la Nouvelle-France après la bataille des plaines d’Abraham en 1759.

Héritage historique

La bataille de Québec de 1690 demeure un événement marquant de l’histoire canadienne-française. Elle symbolise la résistance de la Nouvelle-France face aux tentatives d’invasion anglaises et illustre le rôle central joué par les habitants, les miliciens et les autorités coloniales dans la défense du territoire.

Aujourd’hui encore, cet épisode occupe une place importante dans la mémoire historique du Québec et dans les recherches portant sur les familles pionnières de la Nouvelle-France.

📸 Crédit : image générée par IA 

💻 Source : Wikipedia - Bataille de Québec (1690)

08 octobre 2023

Louis Jolliet, l'explorateur (1645-1700)


Louis Jolliet, né le 21 septembre 1645  à Québec, était un explorateur canadien-français du 17e siècle. Il est surtout connu pour son rôle dans l'exploration de vastes régions de l'Amérique du Nord, en particulier la région du Mississippi

Dès son jeune âge, Jolliet a été exposé à l'environnement de la Nouvelle-France, où l'exploration géographique était cruciale pour l'expansion coloniale. Après avoir fait ses études au Séminaire de Québec, il a acquis des compétences en cartographie et en navigation, ce qui a préparé le terrain pour sa carrière d'explorateur.

L'année 1673 a marqué un tournant dans la vie de Jolliet. Il a été choisi pour accompagner le missionnaire jésuite Jacques Marquette dans une expédition visant à explorer la région du Mississippi. L'expédition a débuté à City of Saint-Ignace, Michigan, et a suivi la trajectoire des Grands Lacs jusqu'au fleuve Mississippi

Pendant leur voyage, Jolliet et Marquette ont fait face à de nombreux défis, notamment des rapides dangereux, des tempêtes et des rencontres avec des tribus amérindiennes. Malgré ces obstacles, ils ont réussi à atteindre l'actuel Arkansas, établissant ainsi un nouveau record d'exploration pour les Européens dans la région.

Cependant, ils ont décidé de faire demi-tour à ce point, principalement en raison de la menace que représentaient les tribus indigènes hostiles et de la crainte de tomber entre les mains des Espagnols, rivaux européens. Le voyage de retour a été tout aussi périlleux, mais ils ont finalement atteint Québec en 1674, rapportant ainsi leurs découvertes à la Nouvelle-France.

Les contributions de Louis Jolliet à la connaissance géographique de l'Amérique du Nord étaient significatives. Ses cartes et ses récits ont été précieux pour les explorateurs et les cartographes ultérieurs, jetant les bases de la compréhension de la région du Midwest américain.

Après son voyage célèbre, Jolliet a poursuivi sa carrière en tant qu'explorateur et cartographe, continuant à contribuer à l'expansion des connaissances géographiques de la Nouvelle-France.

Malheureusement, sa vie a été écourtée par sa mort en 1700 à l'âge de 55 ans. Malgré cela, son héritage en tant qu'explorateur et cartographe demeure un élément important de l'histoire de l'exploration en Amérique du Nord, et il est célébré pour sa contribution exceptionnelle à la cartographie et à la connaissance géographique de la région.

🎨 Crédit : ©️ Steve Cloutier  2023, pour Les Patriotes de Chénier 

02 juillet 2015

Lignée Dagenais/Drouet (2e génération)


Pierre Dagenais fils vient au monde le 21 octobre 1672, le quatrième enfant (et le seul garçon à assurer la transmission du patronyme) de Pierre Dagenais et d'Anne Brandon. 

Le sulpicien Gilles Pérot lui confère illico le sacrement du baptême à la chapelle Notre-Dame, assisté dans cette noble tâche par le parrain Pierre Devanchy (maîre menuisier) et la marraine Mathurine Juillet, épouse d'Urbain Baudreau.

Chapelle Notre-Dame (Immaculée-Conception) de Montréal

Le 30 avril 1695, il officialise son union avec Marie Drouet dite Grandmaison, âgée d'à peine 14 ans, fille de Mathurin et Marie-Louise Bardou, mariés à Québec le 30 septembre 1669, et originaires de Tuzie, en Charente. 

La jeune épouse recevait le baptême le 21 avril 1681 dans le joli patelin de Contrecoeur, sur les bords du fleuve Saint-Laurent en présence du parrain Godefroy Bernard et de la marraine Marie Lebert, femme de Charles Robert.

Le curé L. Archambault, de la paroisse de l'Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, accorde aux jeunes gens sa bénédiction nuptiale en présence de plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance. Malheureusement, les jeunes époux ne signèrent pas, selon toute vraisemblance le contrat de mariage. 

Prolifiques comme beaucoup de nos ancêtres, ils donnèrent la vie à dix enfants, six garçons et quatre filles, baptisés sauf exceptions dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Certains lui attribuent erronément la paternité de Marie-Charlotte, baptisée le 19 ocrobre 1696, en fait la fille naturelle de sa soeur Cécile.

À l'âge de 16 ans, Pierre pleure la mort de son père dont il porte le prénom. Ce dernier se transmettait souvent au cours des générations, comme pour maintenir une continuité familiale, une tradition propre au Canada français. 

Dans la lignée directe des Dagenais, on trouve deux Pierre, deux Laurent et deux Augustin. Comme son père, Pierre Dagenais fils savait écrire. Il signait D'Agenez sur ses contrats notariés. Les cinq générations suivantes ne pourront en faire autant. 

D'après un contrat rédigé par le notaire Antoine Adhémar, le 16 février 1698, Pierre et ses soeurs (Cécile, Élisabeth et Françoise) finalisent la vente des biens de leurs parents Pierre Dagenais et Anne Brandon à Claude Crespin, époux de Marie Vaudry.

Voulant améliorer le confort de sa petite famille, Pierre Dagenais contracte deux obligations envers Pierre Perthuys, marchand de Ville-Marie, aujourd'hui Montréal. Le 18 mars 1698, alors habitant de l'île Jésus (probablement à Saint-François-de-Sales), il reconnaît une dette de 65 livres pour laquelle il hypothèque ses biens meubles et immeubles. 

Le 29 mars 1699, ce laboureur de la Pointe-aux-Trembles contracte une obligation portant solde de compte (c'est-à-dire des marchandises achetées à crédit) pour une somme de 148 livres.

Le 20 avril 1699, par un bail à ferme et loyer (contrat de location) consenti par Marie Dumeny, veuve de André Charly de Saint-Ange, en son vivant de Montréal, Pierre Dagenais loue une terre labourable proche de Ville-Marie, avec maison, étable et grange. 

Il paiera icelle veuve en produits de la ferme : 50 minots de blé froment et dix d'avoine, pour chacune des cinq années du contrat idoine, le jour de la Saint-Martin.

Homme très versatile, à l'instar de son père, Pierre Dagenais exerce plusieurs métiers : défricheur, cultivateur, capitaine de milice et engagé pour l'Ouest. Par une convention datée du 23 octobre 1701, il achète certaines provisions de Pierre Perthuys, marchand susrelaté. 

Comme les habitants de la Nouvelle-France manquaient souvent de numéraire (peu d'argent circulait dans la colonie), ledit marchand accepte, en guise de paiement, 20 minots de blé froment et 20 d'avoyne (sic).

Pierre Dagenais fils deviendra un des pionniers du territoire connu comme le Sault-au-Récollet. Le 15 septembre 1702, en l'étude du notaire Pierre Raimbault, Messire François Vachon de Belmont, supérieur du Séminaire Saint-Sulpice de Montréal, seigneur de l'île de Montréal depuis 1663, concède en effet à Pierre Dagenais une concession de la coste (côte) Saint-Michel (chemin est-ouest dans les parages de la rue Jarry).  

Mesurant 3 arpents sur 20, avec droit de commune (lieu où les habitants du voisinage pouvaient envoyer paître leurs troupeaux). La rente annuelle consiste en 30 minots de bled froment bon sec, net loyal et marchand.

Outre les obligations mentionnées plus loin, ledit censitaire s'engage à ne vendre ancunc boisson ennyvrante aux Sauvages (sic). Cette censive porte le numéro 1084D dans le Livre terrier de la seigneurie de l'île de Montréal, conservé aux archives du Séminaire Saint-Sulpice, dont l'édifice construit en 1685 se trouve aujourd'hui rue Notre-Dame, à côté de la basilique Notre-Dame.

À cette époque, les cultivateurs vivaient sous le régime seigneurial, un système de propriété à deux niveaux. Le seigneur s'oblige à peupler la seigneurie et à concéder un lopin de terre à qui le demande. Il profite de droits honorifiques (préséance de banc à l'église) mais surtout réels. 
Par le paiement du cens, le censitaire reconnaît au seigneur un certain droit de propriété éminente.  Il doit payer une rente annuelle (en argent ou en produits de la ferme) et les lods et ventes (taxe de mutation). La banalité de moulin oblige les censitaires à utiliser le moulin du seigneur pour moudre leur blé et à lui payer le quatorzième minot. 

Cédant aux pressions de la bourgeoisie commerçante anglaise et de la masse paysanne, le gouvernement abolira le régime seigneurial en 1854 pour le remplacer par la tenure en franc et commun socage, c'est-à-dire le droit de pleine propriété en vigueur de nos jours.

Le 7 octobre 1703, Pierre abandonne à François Hertel, écuyer (titre purement honorifique, comme esquire chez les Anglais) et seigneur de Chambly, absent mais représenté par le notaire royal Jean Cusson, une part de terre d'icelle seigneurie, probablement héritée de la famille de sa femme Marie Drouet. Mais déchiffrer l'écriture rébarbative du notaire Adhémar demande des notions de paléographie avancée !

L'année suivante, le 21 avril 1704, Étienne Campot, taillandier (forgeron fabriquant des outils tels haches et marteaux) et habitant (cultivateur) de Ville-Marie, concède à Pierre Dagenais, laboureur dudit lieu, un bail à ferme de terres situées au quartier Bonsecours, de nos jours près du port de Montréal.

Par une obligation portant la date du 21 octobre 1706, Pierre s'engage à livrer une certaine quantité de bois de chauffage à Jean-Baptiste Charly, marchand de Ville-Marie.

Le 4 avril 1713, François-Joseph Carpentras, maître menuisier de Montréal, loue pour une période de cinq ans une terre de la côte Saint-Michel, de 8 arpents de front sur 20 de profondeur, moyennant 10 minos de froment, payables chaque année. 

Le 1er octobre suivant, Pierre repart pour la région des Grands lacs, signant un contrat d'engagement envers Messieurs les Associés de la mer de l'Ouest, qui lui vaudra une rémunération de 200 livres, dès son retour de voyage.

Marguerite Maclin, veuve de Nicolas Boyer de Ville-Marie, assistée de son gendre Charles Gervais, demandera le 6 avril 1715 au notaire Michel Lepailleur de La Ferté, de rédiger les clauses d'un bail à loyer et ferme d'une terre située près de la petite rivière Saint-Pierre (disparue de nos jours). 

Pierre s'engage à cultiver icelle (cette) propriété, moyennant une partie des récoltes. Dans le minutier du notaire Marien Tailhandier dit La Baume, on découvre, à la date du 29 février 1720, une quittance de Catherine Roy (fille de Françoise Dagenais) à son oncle et tuteur Pierre Dagenais. Marie Drouet lui remet au nom de son mari des étoffe et de la toile blanche valant 36 livres.

Le 3 novembe 1720, Edmé Moreau, baille (loue) à Pierre Dagenais une concession de 3 arpents sur 20, à la Côte Saint-Michel. Il accepte en guise de paiement 10 minots de blé froment et 5 minos de pois. 

Le Séminaire Saint-Sulpice, toujours représenté par son supérieur, François Vachon de Belmont, concède, le 15 janvier 1721 devant le notaire Raimbault, un reste de terre situé à la côte de Plaisance (ou Grande Prairie), voisine de la côte Saint-Michel, en imposant les conditions habituelles : droit de mouture du grain, tenir feu et lieu (habiter l'endroit), entretenir sa part de chemin, payer un demy (sic) minot de froment pour tous les 20 arpents de superficie, réserver au seigneur le bois de charpente, défricher trois arpents par année sous peine de déchéance de la concession, etc.

En 1729, Pierre Dagenais reçoit le titre de capitaine de milice (une sorte d'armée de réserve) qui, à l'époque, ne se limite pas à das tâches plutôt honorifiques, comme au XIXe siècle.

Marie Drouet pousse son dernier soupir le 28 janvier 1736, à l'âge de 55 ans (et non 67 ans, tel qu'indiqué dans le registre du Sault-au-Récollet). Le curé Desenclaves l'inhume dès le lendemain au cimetière paroissial (certains disent dans le sous-sol de l'église), en présence de son mari, Pierre Dagenais, et de Jean Turcot qui, aux dires du célébrant, déclarent ne scavoir (sic) signer.

Pierre survivra treize ans au décès de son épouse. Le 19 décembre 1749, Monsieur Chambon, curé de sa paroisse d'adoption, préside les funérailles du défunt, âgé de 80 ans (en réalité, 77), ancien capitaine de milice, en présence de plusieurs témoins. 


Source : Société pour la conservation du Sault-au-Récollet

 
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